Promenons-nous dans les bois, pendant que Johnny n'y est pas...

Publié le par B2soummam

   Salut salut ! Comme l'explique très bien le titre, je vais vous parler d'un des derniers flops au box office Disney; je sais que ce n'est pas spécialement un flop, c'était juste une remarque gratuitement méchante sur ce film parce qu'il sera dur d'en placer d'autres tellement il en jette. En clair, ce sera d'Into the Woods - Promenons-nous dans les Bois dont je vais vous parler, un film majoritairement en VOSTF qui se permet d'avoir un titre à rallonge pour nous compliquer la vie. Oui, je suis diabolique.

Je vous laisse méditer sur l'affiche. AAAAOOOMMM

Je vous laisse méditer sur l'affiche. AAAAOOOMMM

   Alors bon, voilà je balance direct que ce film est l'adaptation d'une comédie musicale, c'est à dire qu'il est quasi-intégralement chanté. C'est un genre particulier qui ne peut bizarrement pas plaire à tous (mais moi, j'adore) donc s'il y en a que ce style déroute, je leur conseille de faire demi-tour et de se mater Hotêl Transylvanie. Sinon pour les autres, je conseille sincèrement Into The Woods et je vais vous expliquer pourquoi en vous détaillant mon avis, car c'est une critique, et tel est le concept d'une critique si vous ne l'aviez pas encore saisi. BREF. Au lieu de continuer à divaguer comme j'aime le faire (Oh, un papillon !) je m'attaque au film, enfin... plutôt d'abord à la pièce sur laquelle j'ai fait pas mal de recherches, parce que le film en est une adaptation extrêmement fidèle (à très peu de détails près) et ce serait bête de parler de l'histoire comme si elle était originalement écrite pour le grand écran.

Moment épique, avec Anna Kendrick. Ch'uis trop fort en rimes :-p

Moment épique, avec Anna Kendrick. Ch'uis trop fort en rimes :-p

   Into The woods est donc un musical de Broadway de 1986 à grand succès créé par Stephen Sondheim et James Lapine qui se permettent de prendre des personnages célèbres de contes, plus précisément des frères Grimm, pour leur faire vivre une grande aventure dans les bois. Le synopsis comme je l'ai dit fait assez cliché mais croyez-moi, l'histoire en soi est très glauque. Glauque dans le bon sens hein ! Parce que j'ai une définition très glauque du mot glauque... 

   Les personnages principaux sont le couple de boulangers qui veulent avoir un enfant mais qui ne peuvent le concevoir à cause d'une malédiction lancée par la sorcière super badass. Cette dernière, dans un élan de charité, et pour faire avancer l'histoire, accepte de lever le sort à condition qu'ils lui ramènent quatre choses : une cape rouge comme le sang (Le Petit Chaperon Rouge), un soulier aussi pur que l'or (Cendrillon), une vache blanche comme le lait (Jack et le Haricot magique) et une chevelure couleur maïs (Raiponce). Comme par hasard, tout le monde se retrouve dans les bois pour telle ou telle raison, facilitant l'histoire et justifiant ainsi le titre.

   Bon OK, mon bref résumé est creux et débordant de mauvaise foi. Je n'y peux rien, je suis d'humeur sarcastique ce soir. Mais clairement le succès de cette pièce est mérité. Malgré le plot classique (mais pas désagréable pour autant) du "détournement des contes célèbres", on a ici un style très particulier, gorgé d'un humour noir et de différentes situations frôlant le politiquement incorrect. En gros c'est une comédie musicale trash.

  La pièce se divise en deux actes distinct : avant et après le mariage, car oui, il y a un mariage. Le premier acte est sympathique, les histoires se mélangent, les personnages se rencontrent et, malgré les moultes péripéties (aussi tordues soient certaines), finissent par arriver à la fameuse fin heureuse. Tout ça grâce aux bois. Puis il y a le deuxième acte, partie la plus savoureuse du long-métrage. Véritable festival de désastres, des familles y sont brisées, des vestes y sont retournées, de nouveaux liens sont créés... Un chaos total qui va forcer les personnages principaux à s'unir pour l'affronter. Toujours par la faute des bois.

" ♫ Into the woods to grandmother's house ! ♫ "

" ♫ Into the woods to grandmother's house ! ♫ "

   L'histoire, aussi intelligement écrite qu'elle l'est, propose un gamme de personnages Ô combien bien définis (genre un peu comme de l'Ultra-HD) ! On arrive très facilement à s'attacher à eux dans le premier acte, et ils gagnent encore plus en capital sympathie avec l'énorme retournement de situation du second tant leurs évolutions peuvent surprendre. À la fois drôles, complexes, touchants, voire détestables, on a ici un succulent catalogue de personalités fortes et hautes en couleur. Ce serait trop long de les lister, et puis je réaborderai ce sujet dans le casting du film plus tard.

Et les relations entre les différents personnages sont si soignées !

Et les relations entre les différents personnages sont si soignées !

   Pis y'a les chansons, composant presqu'intégralement les dialogues, qui sont juste divines ! Déjà, quand je dis que l'histoire est super ingénieuse, il est clair que j'englobe ainsi les paroles des chansons, or la composition est également une réussite ! Malgré la multitude de thèmes différents, certains arrivent à se graver dans nos têtes tout aussi bien qu'un mauvais tube de Rihanna (je vous ai prévenus, ce soir je mords).

   Mais ce qui rend la bande son aussi intéressante, c'est bien le mélange homogène des thèmes et chansons (par exemple lorsqu'un morceau d'une chanson est chanté dans une autre), qui donne un rendu extra, créant un univers musical propre à la production, et apportant une profondeur supplémentaire au récit.

Le couple de boulangers, campés par Emily Blunt et James Corden.

Le couple de boulangers, campés par Emily Blunt et James Corden.

   Au final, qu'est-ce qu'il me reste à dire sur le film ? Pas grand chose. Le réalisateur, Rob Marshall, ne l'a pas inventé. L'intérêt de cette adaptation cinématographique, et le seul objectif de Marshall, est de pouvoir immortaliser à jamais ce bijoux théâtral afin de le rendre accessible à tous et d'offrir la chance au monde entier de pouvoir le découvrir, sachant que les pièces de Broadway, aussi cultes peuvent être certaines, ne parviennent que difficilement à se faire connaître au delà des frontières du pays de l'oncle Sam, à la différence des long-métrages.

  Et franchement le pari est réussi ! En allant le voir, j'avais l'impression d'aller au théâtre tant il a dû réussir cette transposition. Avec règles de bienséance, coups de théâtre et aparthées avec arrêt du temps, la réalisation (ou plutôt mise en scène) efface toutes conventions du grand écran, quitte à paraitre incohérente par moments (sans pourtant l'être) et créé l'ambiance si particulière d'une pièce de théâtre ! Les seuls aspects qui appartiennent à l'univers du cinéma sont, bien évidemment, les différents plans, l'univers visuel (nomination pour les Oscars des meilleurs décors et des meilleurs costumes, rien que ça) ainsi que les effets spéciaux, qui, peu nombreux, restent tout de même réussis.

" Y'A DES GÉANTS DANS LE CIEEEEEEEEEEEEL !!! ♪♪♪ "

" Y'A DES GÉANTS DANS LE CIEEEEEEEEEEEEL !!! ♪♪♪ "

   Et pour terminer, je me dois de parler du casting, élément essentiel pour cette adaptation. Quoi de mieux pour sauvegarder un vieux chef-d'œuvre dans la mémoire collective qu'en le faisant interpréter par des acteurs dont tout le monde a déjà vu au moins un film ? Mais au delà de la célébrité, il faut prendre en compte la qualité de la prestation (musicale et théâtrale), qui, heureusement, est là !

   Déjà on a l'incroyable Meryl Streep dans la peau de la sorcière. Elle endosse la complexité et la profondeur du personnage si bien que les vieux croutons de l'académie (niark, niark, niark...) lui ont accordé une nomination pour la statuette humanoïde dorée, comunément appelée Oscar, de la meilleure actrice dans un "second" rôle.

   Deux autres acteurs qui m'ont impressionés sont les jeunes Lilla Crawford et Daniel Huttelstone, respectivement le petit chaperon rouge et Jack. À croire que le talent n'a pas d'âge !

   J'vais pas m'amuser à lister tout le casting, je ne suis pas Wikipedia, tout ce que je souhaite ajouter c'est qu'entre un Chris Pine et une Emily Blunt se cache le pauvre Johnny Depp, star des stars, dans un rôle des plus secondaires, mais pas des moindres, celui du loup. Même si ses apparitions sont limitées, on ne peut pas dire que ce rôle ne lui va pas comme un gant ! Et ses scènes sont parfaites, dans le sens où elles correspondent à l'essence pure de l'esprit tordu d'Into the Woods.

Hello, little girl...

Hello, little girl...

   Into the Woods, Promenons-nous dans les bois est une adaptation réussie d'un chef-d'œuvre des planches de Broadway. Malgré un style qui ne peut plaire à tous, il se montre à la fois drôle, magique, créatif, émouvant, tordu et surprenant. Vous laisserez-vous surprendre ?

L'incroyable Meryl Streep.

L'incroyable Meryl Streep.

   Et comme d'hab, petit bonus ! Ça vous dit d'entendre le papa de Luke Skywalker pousser la chansonnette sur des airs de La Reine des Neiges ?

Publié dans Films, Disney, Littérature, Musique

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