Les Nouveaux Héros sont là !

Publié le par B2soummam

   Depuis 2009, les Walt Disney Animation Studios, studios historiques et maîtres incontestés de l'animation, remontent la pente et entrent dans un nouvel âge d'or. Après nous avoir fait danser sur les rythmes jazzy de la Nouvelle Orléans dans un glorieux retour de la 2D avec La Princesse et la Grenouille, après avoir révolutionné le genre du conte de fées atteignant une qualité d'animation par ordinateur inégalée avec l'indomptable cheveulure de Raiponce, après avoir prouvé que l'on pouvait faire du neuf avec du vieux tout en étant créatif en proposant un nouveau Winnie L'Ourson, après avoir ébloui et ému le public par les décors dépaysants et l'incroyable scénario du très moderne Les Mondes de Ralph, après avoir continué le travail de Raiponce en achevevant totalement les codes du conte, après avoir fait trembler la terre par un renouveau musical tant attendu, après avoir dévasté le monde de son succès monstrueux poussant la pauvre Barbie au suicide commercial, bref, après l'événemenciel La Reine des Neiges, les Walt Disney Animation Studios nous présentent leur nouvelle création, tout aussi excellente que les précédentes : Les Nouveaux Héros !

*filet de baaaaaaaaaave*

*filet de baaaaaaaaaave*

   Bon, si vous ne l'aviez pas encore saisi, c'est un film de super-héros. L'idée d'en faire un a germé dans la tête de Don Hall, rélisateur de l'excellent Winnie l'Ourson cité plus haut. Comme vous le savez sûrement, The Walt Disney Company a racheté Marvel en 2009 et s'il leur a été impossible de récupérer les droits d'adaptation au grand écran des plus célèbres héros (Spider-man, les X-men, les Quatre fantastiques...) il leur reste néanmoins des milliers de personnages encore inexploités. C'est à partir de ce constat que Hall (qui sera plus tard rejoint par Chris Williams pour la réalisation) a décidé de fouiller dans le large catalogue Marvel et de s'inspirer d'un comics peu connu mais prometteur, Big Hero 6. Originellement créée par Steven T. Seagle et Duncan Rouleau (deux des co-créateurs de Ben 10, rien que ça), Big Hero 6 est une équipe de super-héros à la Avengers qui, au lieu des États-Unis, défend le Japon.

Quelques couvertures de Big Hero 6. Celle du milieu date de leur première mini-série de 1998 tandis que les deux autres, de celle de 2008.

Quelques couvertures de Big Hero 6. Celle du milieu date de leur première mini-série de 1998 tandis que les deux autres, de celle de 2008.

   Bien-sûr, le film est à des kilomètres de l'œuvre originale, quoiqu'il partage avec elle beaucoup de points communs.

   Ici, l'histoire est centrée sur Hiro Hamada, un ado de 14 ans prodige en robotique qui, suite à la mort de son grand frère, Tadashi, se voit hériter par ce dernier du robot infirmier qu'il a mis au point, Baymax. Tous deux découvrent peu après un homme louche qui semble lié à la mort de Tadashi et, avec l'aide de ses anciens amis de l'université scientifique, ils forment une équipe de héros pour arrêter la menace qu'il représente.

Hiro.

Hiro.

   Ce n'est pas la première fois qu'un film d'animation sur les super-héros est fait au sein des studios de la Walt Disney Company, le premier étant Les Indestructibles en 2004 par Pixar. L'idée de comparer les deux m'a semblé tout à fait logique, mais elle s'est tout de suite dissipée après avoir vu Les Nouveaux Héros tant les deux films sont différents. Si le studio à la lampe de bureau avait adapté son style au genre super-héroïque, celui du bateau à vapeur a fait totalement l'inverse en se l'appropriant complètement. Quand Pixar a excellé dans le genre, Disney, lui, l'a totalement réinventé. Les deux, donc, restent incomparables.

   En effet, le film tire à la fois sur le bon vieux style Disneyen (des sidekicks marrants, de l'émotion bien placée etc) et sur la badassitude du film de super-héros. Oui, badassitude, ce mot existe, la preuve, je viens de l'utiliser deux fois. Faut avouer que cette badassitude est présente chez eux depuis Volt et a continué à s'imprègner à chacun de leurs films ( #JeCongèleToutUnPaysEn5minutes) mais là, elle vient d'atteindre son paroxysme avec des scènes d'action époustoufflantes d'une qualité visuelle Ô combien satisfaisante !

BADASS.

BADASS.

   Je reviens sur le bon vieux style Disneyen qui, lui aussi, a sérieusement évolué ces dernières années et se confirme encore plus clairement avec Les Nouveaux Héros. Si le film fait (beaucoup) rire et en jette plein les yeux, il faut souligner que le thème principal qui en ressort est le deuil. Et là, jamais Disney n'a aussi bien géré. Si en 1994 un simple Hakuna Matata suffisait à faire oublier à Simba qu'il venait de provoquer la mort de son père, il en faut aujourd'hui beaucoup plus à Hiro pour passer à autre chose. L'évolution du personnage et de sa relation avec Baymax au fil de l'histoire tient en haleine tant elle est touchante, surprenante et surtout, réaliste. C'est donc sur cette évolution que repose le nouvel âge d'or, sur ce réalisme qui donne aux protagonistes une complexité, un côté vraiment humain, une psychologie bien construite, nous faisant s'y identifier et explosant leur capital-sympathie. Les Mondes de Ralph et La Reine des Neiges nous avaient ainsi marqués avec leurs personnages, Les Nouveaux Héros provoque aujourd'hui le même effet.

Les Nouveaux Héros sont là !

   Un dernier point sur le scénario dont je souhaiterais parler c'est l'image de la science qu'il reflète, une science new gen. Ce n'est pas rare de voir des scientifiques en personnages principaux dans des productions animées (Dexter, Jimmy Neutron...) mais l'argument de la badassitude revient. La principale phrase qu'on a envie de dire en sortant du film est: "La science, c'est trop cool !" D'ailleurs, avec Les Nouveaux Héros, Disney caresse une nouvelle fois les geeks dans le sens du poil (après le très efficace Les Mondes de Ralph) déjà par ses origines mais aussi par son ton, certaines répliques, et surtout par sa scène post-générique à ne rater sous aucun prétexte. De quoi réjouir le casting de The Big Bang Theory !

Mais oui tu aimes ça mon petit geek !

Mais oui tu aimes ça mon petit geek !

   En fait, le seul défaut que je reprocherais au film c'est qu'il est beaucoup trop court. 1h42 pour un film de cette envergure c'est peu. Ils auraient pu ajouter une scène en plus pour nous faire profiter de la prestigieuse palette de personnages ! D'ailleurs, c'est d'eux que je compte parler !

L'équipe n'attend plus que vous !

L'équipe n'attend plus que vous !

   Si j'ai beaucoup insisté sur Hiro, j'ai tout de même un peu zappé Baymax qui est juste le personnage clé du film (comme en témoignent les japonais, russes et allemands qui ont tous trois titré le film en son honneur). Baymax, le robot bien gonflé, est une véritable révélation. À la fois touchant et tordant, on ne peut pas ne pas l'aimer.

 

   Tiens, tant que j'y pense : TUTO SMILEY BAYMAX: (•—•)

Pour les yeux, Alt et 0149 :

Pour la bouche: Alt et 0150 ou Alt et 0151 pour une bouche plus longue: – —

Faut souffrir pour être beau

Faut souffrir pour être beau

   Bien-sûr, les amis de Tadashi sont eux aussi très attachants et surtout (littéralement) hauts en couleurs ! Entre Gogo, la fille accro à la vitesse qui fait tout de façon badass, Wasabi, l'obsédé du rangement, Honey Lemon (oui, elle s'appelle Miel Citron), très édulcorée avec un optimiste débordant et Fred, qui... qui n'a rien à faire là. C'est le seul de toute la bande à ne pas être scientifique, mais c'est le fanboy de compagnie et également le plus drôle. Chacun d'entre eux se voit hériter d'une armure confectionnée par Hiro selon leur personnalité et les recherches qu'ils ont effectuées et il faut avouer que leurs pouvoirs arrachent et sont plutôt originaux.

Le retour des affiches-personnages !
Le retour des affiches-personnages !
Le retour des affiches-personnages !
Le retour des affiches-personnages !
Le retour des affiches-personnages !
Le retour des affiches-personnages !

Le retour des affiches-personnages !

   Et bien-sûr on a le méchant, Yokai, qui m'a malheureusement bien déçu. Non pas qu'il soit nul, c'est un bon super-méchant, mais pas un bon Méchant comme ceux que Disney nous a montrés depuis 1937. Il est clair que face à Jafar, Ursula, Maléfique et toute la clique des Disney's Vilains : c'est une tapette. Je n'ai pas su trouver mieux pour le décrire. Il a un passé intéressant et une identité "secrète" (qu'on devine facilement) mais il lui manque un déclic final, un moment d'apogée impressionant, effrayant et surtout innoubliable comme la transformation en dragon de Maléfique ou encore la folie meurtrière de Ratigan (Basil Détective Privé). À la différence de ses prédécesseurs, Yokai est plus effrayant au début mais l'effet qu'il produit s'atténue en même temps que les Nouveaux Héros gagnent en expérience. Un mal pour un bien.

Parce que j'ai déjà mis sa photo plus haut, je vous montre la très belle affiche dévoilée au Comic Con de New York

Parce que j'ai déjà mis sa photo plus haut, je vous montre la très belle affiche dévoilée au Comic Con de New York

   Et sinon on a plein de personnages secondaires très sympas, comme la tante Cassie ou encore... Ouais non, je crois qu'il ne reste qu'elle. Je l'aime bien.

Les Nouveaux Héros sont là !

   Je mets (enfin) de côté la partie scénaristique pour vous parler de la qualité technique du film et franchement je n'avais jamais vu un film en images de synthèse aussi beau. Les décors sont époustoufflants ! Ils ont intégralement imaginé une ville pour Les Nouveaux Héros. Ce n'est pas une première chez les Walt Disney Animation Studios (la belle ville étant le seul élément gratifiable de l'horreur qu'était Chiken Little) mais la ville de San Fransokyo surpasse à mes yeux tout ce qui a été fait jusqu'ici, 2D et 3D inclus. D'ailleurs, le premier "teaser" du film était un aperçu de ce si subtil mélange de Tokyo et de San Francisco...

   Quant à l'animation, elle est tout aussi soignée que les décors, s'améliorant de film en film, devenant de plus en plus fluide et réaliste. On peut aussi souligner le Character-Design qui, utilisé depuis Raiponce, semble être la nouvelle signature des studios. Ce style un peu manga est plutôt agréable, et surtout de circonstance vu le lieu où l'on nous situe.

Raiponce, Elsa, Hiro.

Raiponce, Elsa, Hiro.

   Par contre la bande son n'est pas fameuse. Sympa mais très oubliable. On n'a aucun thème qui reste en tête et, pour un film de super-héros, c'est un comble. Elle est signée par Henry Jackman qui nous avait pourtant vendu du rêve avec son accompagnement des Mondes de Ralph ! Heureusement, la seule chanson inédite du film est génialissime : Immortals, du groupe Fall Out Boys.

   En conclusion, vous l'aurez compris, Les Nouveaux Héros m'a été plus que satisfaisant, autant visuellement que scénaristiquement. Ce nouveau chef d'œuvre Disney est directement entré dans mon panthéon imaginaire des meilleurs films de tous les temps. Je vous conseille éperduement d'aller le voir !

Ouais !

Ouais !

   Et en bonus, je vais vous parler du manga adapté du film (lui même adapté d'un comics...) : Baymax !!

Les Nouveaux Héros sont là !

   Le film étant lui même très axé sur la culture japonaise (une ville inspirée de Tokyo, des personnages asiatiques dont le héros, l'omniprésence de la technologie, le méchant avec un masque de théâtre traditionnel etc) il est logique qu'il soit adulé par nos chers amis nippons, eux-même fans de la première heure des super-productions Disney. Alors, quoi de mieux que de transposer le film en manga ? Réponse : écrire une version alternative du film en manga !

   Édité en France par Pika, Baymax propose donc une réécriture totale de l'histoire par Haruki Ueno. Elle reste tout de même assez similaire au film. L'intérêt se trouve dans le fait qu'il approfondisse beaucoup plus la personalité d'Hiro et sa relation avec Tadashi. Si vous voulez le lire, il est coupé en deux tomes et le second arrive en juin. Mais je vous conseille d'avoir vu le film avant.

   Et un autre petit bonus, un cross over avec le chef d'œuvre de Miyasaki, Mon Voisin Totoro !

Les Nouveaux Héros sont là !

Publié dans Disney, Films, Japon, Marvel

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